Un négatif numérique, c’est une image inversée imprimée sur film transparent, qu’on plaque ensuite contre un papier sensibilisé pour le contact. Le principe date du XIXe siècle. Ce qui a changé, c’est qu’on n’a plus besoin d’une chambre grand format pour obtenir un négatif à la taille du tirage final : une imprimante jet d’encre et un film transparent suffisent.
La difficulté n’est pas dans le procédé, elle est dans la densité. Un tirage sur papier se juge à l’œil, en lumière réfléchie. Un négatif se juge en transmission, et l’encre qui semble parfaitement noire sur une planche-contact laisse encore passer beaucoup d’UV. C’est là que la plupart des premiers essais échouent.
Ce qu’il faut avant de commencer
Trois éléments, et aucun n’est négociable.
Un film transparent conçu pour le jet d’encre. Pas une feuille de rétroprojecteur, pas un transparent de bureautique. Il faut un support avec une couche réceptrice capable d’absorber une charge d’encre lourde sans que les gouttes se rejoignent. Les films Pictorico sont la référence historique sur ce terrain, avec une couche de particules céramiques qui bloque la migration latérale de l’encre.
Une imprimante pigmentaire. Les encres à colorant transmettent mal les UV et vieillissent vite sur film. Les encres pigmentaires bloquent nettement mieux, et c’est exactement ce qu’on cherche : un négatif n’a pas à être beau, il doit être opaque là où le tirage doit rester blanc.
Un procédé de tirage défini à l’avance. Cyanotype, palladium, gomme bichromatée, sérigraphie : chacun a sa propre échelle de densité. Un négatif calibré pour le cyanotype donnera un tirage plat en palladium. On ne fabrique pas un négatif universel, on en fabrique un par procédé.
Face brillante, face mate : ne pas se tromper de côté
Les films jet d’encre ne sont couchés que d’un côté. Imprimer sur la mauvaise face donne une image qui bave, sèche mal et se raye au moindre contact. Sur les films Pictorico, la face réceptrice est la moins glissante des deux : passez un doigt sec sur chaque bord, celle qui accroche légèrement est la bonne.
Deuxième point, plus subtil : le sens de lecture. Pour un tirage par contact, l’émulsion du négatif doit toucher l’émulsion du papier. Il faut donc imprimer l’image en miroir, sinon le contact se fait à travers l’épaisseur du film et le tirage perd en netteté. L’effet est faible en A4, il devient visible en A3 et au-delà.
Régler la densité, concrètement
Un négatif jet d’encre correct demande beaucoup plus d’encre qu’un tirage papier. Trois réglages font l’essentiel du travail.
- Le profil papier. Choisissez dans le pilote un profil « transparent » ou, à défaut, un profil de papier photo brillant. Les profils fine art mat limitent la charge d’encre, c’est l’inverse de ce qu’on veut ici.
- L’encre utilisée. Beaucoup de photographes impriment leurs négatifs en couleur plutôt qu’en noir seul. Le jaune et le magenta absorbent les UV tout en restant lisibles à l’œil, ce qui permet de gagner de la densité sans épaissir la couche de noir. Un négatif brun-orangé pour le cyanotype n’a rien d’anormal.
- La courbe. C’est la vraie variable. Imprimez une charte de gris en 21 paliers, insolez-la, mesurez : vous verrez que les valeurs se tassent d’un côté. La courbe corrige cet écart, et elle est propre à votre trio imprimante / film / procédé.
Comptez trois à cinq séries d’essais avant d’avoir une courbe stable. Une fois qu’elle l’est, elle ne bouge plus tant que vous ne changez ni d’encre ni de film.
Le temps de séchage
Un film chargé d’encre n’est pas sec à la sortie de l’imprimante, même quand il en a l’air. Laissez-le à plat, à l’abri de la poussière, au moins une heure avant tout contact avec un papier sensibilisé. Un négatif encore humide colle à l’émulsion et se perd. Le papier aussi, généralement.
Pour le stockage, une pochette cristal et une boîte à l’abri de la lumière suffisent. Les pigments sur film tiennent bien dans le temps, à condition de ne pas les laisser exposés aux UV entre deux séances.
Combien de tirages par négatif
Beaucoup, si vous manipulez proprement. Le film supporte le contact répété sous verre sans se déformer, ce qui est précisément l’intérêt du procédé face à un négatif argentique unique : vous pouvez tirer une série entière, jeter les ratés, recommencer trois mois plus tard avec le même négatif et retrouver exactement le même résultat.
C’est aussi ce qui rend le négatif numérique intéressant pour les tirages de commande : le fichier reste sur le disque, le film se réimprime à l’identique si l’original se raye.
Pour aller plus loin
Le film Pictorico est distribué en France par Innova Art. Nous avions raconté son retour dans cet article, et la gamme complète est disponible dans la catégorie films Pictorico.
Si votre projet est un cyanotype, la suite logique est notre article sur la préparation du typon et le réglage de l’insolation. Si vous cherchez plutôt le papier qui recevra le tirage final, la gamme jet d’encre et la page Services & Conseils donnent les points de départ.
Pour aller plus loin
Cyanotype : préparer son typon et réussir son insolation
Quel film Pictorico choisir selon votre procédé
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Sur la boutique : Films transparents Pictorico
