Le cyanotype est le procédé alternatif le plus accessible qui soit : deux sels de fer, de l’eau, du soleil, et un lavage. Pas de chambre noire, pas de révélateur, pas de fixateur. La seule pièce technique du montage, c’est le typon, le négatif transparent qu’on pose sur le papier sensibilisé pendant l’insolation.
Et c’est là que se joue la différence entre un bleu profond avec des blancs francs et une image grise, molle, sans blancs du tout.
Ce que le cyanotype demande à un typon
Le cyanotype travaille dans les UV-A, autour de 365 nm, et il a une latitude d’exposition très large. Traduction concrète : il lui faut un négatif très dense, bien plus qu’un négatif destiné à un tirage argentique classique. Un typon qui paraît trop sombre en le regardant par transparence est en général le bon.
Cette densité, une imprimante jet d’encre la produit sans difficulté, à condition d’utiliser un film transparent prévu pour ça. Un transparent de bureautique sature avant d’atteindre la densité utile et l’encre s’y accumule en flaques. Les films Pictorico encaissent la charge, c’est leur raison d’être.
Préparer le fichier
Quatre opérations, dans cet ordre.
- Passer en niveaux de gris et travailler le contraste sur l’image positive, tant qu’elle est encore lisible.
- Inverser. Les blancs deviennent noirs, les noirs deviennent blancs.
- Appliquer la courbe cyanotype. Sans courbe, les moyens tons s’écrasent et l’image sort en deux blocs. La courbe relève les valeurs intermédiaires pour compenser la réponse du procédé.
- Miroiter l’image avant l’impression, pour que la face imprimée soit celle qui touche le papier sensibilisé.
Sur la courbe : il n’existe pas de valeur universelle. Elle dépend de votre imprimante, de votre encre, de votre film, de votre source UV et de votre papier. La seule méthode fiable reste la charte : imprimez une bande de 21 paliers de gris, insolez-la avec un papier sensibilisé, lisez le résultat sec. Les paliers qui se ressemblent vous disent où la courbe doit intervenir.
Imprimer le typon
Réglez le pilote sur un profil de papier photo brillant ou un profil transparent, jamais sur un profil fine art mat : vous chercheriez à limiter l’encre alors qu’il en faut le plus possible. Désactivez toute gestion de couleur automatique qui viendrait rééquilibrer votre courbe.
Imprimez en couleur plutôt qu’en noir seul. Le jaune et le magenta bloquent les UV très efficacement, et un typon brun-orangé donne souvent de meilleurs blancs qu’un typon strictement neutre. C’est contre-intuitif à l’œil, c’est parfaitement logique en UV.
Laissez sécher à plat au moins une heure. Un film humide colle à l’émulsion, et un cyanotype fraîchement sensibilisé est plus fragile qu’il n’en a l’air.
L’insolation
Le contact doit être serré. Un châssis à contact ou, à défaut, une plaque de verre propre posée sur un support rigide : tout jeu entre le typon et le papier se traduit par un flou en bordure d’image.
Au soleil, comptez de cinq à trente minutes selon la saison, l’heure et la couverture nuageuse. Sous un caisson UV, le temps est reproductible et c’est tout l’intérêt : une fois la valeur trouvée, elle ne bouge plus. Dans les deux cas, la couche sensible vire du jaune-vert au bronze puis à un gris bleuté ; c’est le virage bronze qui indique qu’on approche.
Le rinçage se fait à l’eau claire, longuement, jusqu’à ce que l’eau ne se teinte plus. Le bleu s’installe en séchant, sur plusieurs heures. Ne jugez jamais un cyanotype humide, vous le trouverez systématiquement trop clair.
Le papier du tirage final
Le cyanotype réagit mal aux papiers alcalins : les tampons carbonate attaquent le bleu de Prusse et l’image jaunit ou pâlit. Cherchez donc un papier sans réserve alcaline, à forte teneur en coton, avec un grammage suffisant pour supporter un bain prolongé sans se déliter. À partir de 300 g/m², on est tranquille.
Les papiers aquarelle 100 % coton texturés de la gamme fine art conviennent bien à cet usage, la texture prenant le bain de sensibilisation de façon régulière. La gamme jet d’encre détaille les compositions, et la page Archivabilité précise ce que recouvrent les mentions de conservation.
Le typon sert aussi ailleurs
Le même film et la même logique de densité servent en sérigraphie, où l’on parle plus volontiers de typon que de négatif, ainsi qu’en gomme bichromatée, en van dyke et en palladium. Seule la courbe change d’un procédé à l’autre. C’est un travail de calibration à faire une fois par procédé, et qui ne se refait plus ensuite.
Pour la fabrication du négatif elle-même, choix de la face du film, réglage de la charge d’encre et séchage, voyez notre article dédié au négatif numérique. Les films sont regroupés dans la catégorie Pictorico.
Pour aller plus loin
Imprimer un négatif numérique sur film transparent
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Sur la boutique : Films transparents Pictorico
